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mardi 26 avril 2011

Interview d'Eric Stalner sur Voyageur pour Télé Toulouse

C'est une interview-vidéo plus ancienne d'Éric Stalner par TLT - Télé Toulouse / Wizdéo. Le thème est la nouvelle saga Voyageur (chez Glénat et non pas chez Dargaud) dont le dernier épisode dessiné par Juanjo Guarnido sortira à l'automne.


lundi 24 août 2009

Pierre Boisserie interviewé par France2.fr

Sur le portail BD de France2.fr, Les Rencontres de la BD proposent un entretien exclusif avec Pierre Boisserie, le scénariste de Flor de Luna, Voyageur, Dantès...

cliquez sur l'image pour voir la vidéo...
© Laurent Boileau - Thierry Czajko / Mosaïque Films - France2.fr

mardi 14 avril 2009

jeudi 5 février 2009

Entretien Fantasy.fr 1/2 - 2007

Interview de Pierre Boisserie et Éric Stalner parue dans sur le site Fantasy.fr en juillet 2007
Propos recueillis par Serge Perraud en mars 2007 et publiés sur le site Fantasy.fr le 4 juillet 2007

Voyages au pays de Stalner et Boisserie 1/2

On doit à Éric Stalner et Pierre Boisserie La Croix de Cazenac, une saga de dix tomes conjuguant chamanisme et espionnage sur fond de Grande Guerre, Voyageur, une nouvelle fresque en treize volumes où l’intrigue s’étend de l’Antiquité à la fin du 21e siècle, ou encore Flor de Luna, une série prévue en sept volumes sur la Havane. Ils animent séparément des titres comme La Liste 66 pour Éric Stalner, et Eastern pour Pierre Boisserie.

Serge Perraud les a rencontrés à l'occasion du Salon du Livre de Paris, en mars dernier [mars 2007, ndlr]. La première partie de l'interview sera consacrée à leur nouvelle série Voyageur et la seconde à La Croix de Cazenac et aux autres projets des deux auteurs.


Vous êtes co-scénaristes de Voyageur, la nouvelle série qui parait chez Glénat. Vous qui avez l’expérience des deux situations, est-il plus facile d’être co-scénariste que scénariste ?
Éric Stalner : Oui ! C’est oui pour nous.
Pierre Boisserie : Mais c’est peut-être différent pour d’autres. Pour nous, cela nous convient bien. C’est une façon de travailler, de jouer au ping-pong avec les idées, qui nous plait bien.
ES : Mais les deux sont bien.
PB : C’est une manière très dynamique de faire des histoires, avec un aller-retour permanent de questions-réponses. De plus, on est constamment obligés de justifier nos choix et de justifier nos idées par rapport à l’autre et par rapport à l’histoire elle-même. C’est très enrichissant. On a une efficacité dans le travail qui est démultipliée. Donc j’adore ça !

Considérez-vous alors que vous allez beaucoup plus vite ?
PB : On va beaucoup plus vite et on est beaucoup plus créatifs. Disons, qu’on a un meilleur rendement… bien que ce mot ne soit pas très joli.
ES : Mais ce n’est pas pour cela qu’on le fait. C’est une conséquence, mais ce n’est pas la raison primordiale.
PB : Quand on travaille tout seul, souvent, il faut laisser les choses se reposer pour qu’une nouvelle idée arrive… C’est un peu comme la pâte à crêpes, il faut laisser reposer pour qu’une idée jaillisse et nous permette de reprendre l’histoire et de progresser. Quand on travaille à deux, si l’un est bloqué, l’autre qui s’est nourri de ce qu’a dit le premier va, justement, effacer le délai de repos et nous faire repartir.

À deux, n’y a-t-il pas une contradiction immédiate et une correction ?
ES : Disons qu’on s’est fixé une règle de base toute simple, en fait : on ne garde les idées que si l’on est tous les deux d’accord sur celles-ci.
PB : Si j’ai une idée qui me semble bonne, qu’Éric ne le trouve pas bonne et que je ne réussis pas à le convaincre que c’est une bonne idée, on abandonne et on passe à autre chose.

Donc, compte tenu de ce que vous venez de dire, vous étiez d’accord sur la date du 7 février 2082 ? Pourquoi le choix de cette date ?
ES : On a fait nos calculs et l’année 2082 est importante. De plus, on voulait être en début d’année. Peut-être que j’ai écrit ce truc le 7 février. On est parti au hasard, sauf pour l’année. Ce que nous faisons, nous prenons une date comme ça. Et puis, en fait, on la garde. C’est comme pour les noms. On prend des noms, qui ne seront pas ceux des personnages, pour lancer l’histoire plutôt que mettre x, y, z. On met des prénoms. Et souvent on les garde. On s’est habitué et puis ils correspondent aux personnages qu’on a crées.
PB : Ce pourrait être un rendez-vous. Mais non, je n’étais pas là le 7 février. Et il y a des chances qu’on ne soit plus là.
ES : Moi, j’ai 48 ans, j’aurais 100 ans en 2059 et cela me ferait… 123 ans ! Non, non, je n’y tiens pas !

Le projet du Voyageur est vieux de trois ans. Comment est née l’idée ?
PB : Cela fait même un peu plus longtemps puisqu’il y a cinq ans que je l’ai dans la tête, que j’ai commencé à en parler à droite et à gauche. Mais cela fait trois ans que j’ai parlé de cette idée à Didier Convard chez Glénat. Il a tout de suite accroché et cherché à mettre la machine en route. Voyant que Didier Convard était partant, j’ai pris mon téléphone, j’ai appelé Éric pour lui demander s’il voulait le faire avec moi. Il a dit oui tout de suite !

Pour 2082, faites-vous un futur qui prend en compte les projections actuelles ?
ES : Oui et non ! Oui, mais tous ceux qui tentent de faire des projections du présent pour inventer le futur se plantent. On a décidé cependant, de mettre quelques barrières… par exemple, on pense qu’il y a eu un virus qui a bloqué beaucoup de choses au niveau d’Internet, au niveau du développement des nanotechnologies…
PB : Ce qui peut être possible.
ES : Là, on est beaucoup plus libres pour être dans l’anticipation, dans la science-fiction pure. On a voulu être libres par rapport à ce futur et par rapport à toutes les projections qui ont été faites. Quand on voit un film de SF réalisé dans les années 80, je prends Alien par exemple, ils sont en retard parce qu’on voit des ordinateurs très épais, très profonds, alors qu’on est déjà aux écrans plats. Ils situaient l’action en 2040. Mais dès 2007, on a des écrans plats…
PB : Il se dit tellement de choses. On dit que le réchauffement de la planète, entraînera le refroidissement de l’Europe à cause du détournement du Gulf Stream. Maintenant, on dit que ce n’est pas tout à fait vrai, que rien ne va changer. Donc il n’y aura pas de refroidissement… Le réchauffement ne sera pas un vrai réchauffement… Les scientifiques, eux-mêmes, s’opposent sur plein de sujets.

Travaillez-vous sur une manipulation de la réalité ?
ES : Pas vraiment, non ! Justement, on travaille sur le contraire. C'est-à-dire que le postulat de base est un renversement des histoires de voyages dans le temps. En effet, notre voyageur doit revenir dans le temps, non pas pour manipuler la réalité et la modifier, mais pour s’assurer au contraire, que rien ne va changer. En effet, si on change la réalité dans le passé, on altère ce qui va se passer derrière et tout remettre en question, jusqu’au voyage dans le temps lui-même. L’enjeu n’est pas de changer le passé, c’est au contraire de s’assurer de sa pérennité.
PB : De préserver les choses…

Voyage-t-il dans le passé par sa seule capacité ?
PB : Par un gêne quantique !
ES : On a voulu éviter à tout prix la machine.
PB : Ça nous fatigue un peu la machine, la potion…
ES : C’était intéressant de jouer avec les connaissances dont on peut disposer au niveau de la mécanique quantique et du champ quantique. Donc, on a crée un gêne quantique qui permet au corps, par un effet tunnel….
PB : Enfin, toute une justification scientifique absolument digne de Star Trek.
ES : Qui ne tient pas la route !
PB : Qui ne tient pas la route trois secondes, mais qui est le postulat de base de la série. Maintenant, on demande juste aux lecteurs d’accepter ce postulat de base et de laisser l’histoire se dérouler.

Le Voyageur, sur la couverture du tome 1, tient un poignard. N’y a-t-il pas des armes plus sophistiquées dans le futur ? Je l’aurais plutôt vu avec un pistolet…
ES : Oui, mais d’où revient-il ? Dans le futur, il y a des fusils très sophistiqués. Il faudrait, pour vous répondre, rentrer dans l’histoire et là… Le voyageur sait se battre physiquement. Peut-être qu’il est allé dans une arène, dans l’Antiquité… et qu’il en revient ?
PB : De toute façon, rien n’a été laissé au hasard. Donc, s’il revient avec un poignard dans la main, c’est qu’il y a une raison… qui ne sera peut-être expliquée qu’au tome 12 !
ES : Mais l’ensemble de la série n’est pas une série de science-fiction. Il y a les quatre premiers tomes et le dernier qui se passent dans le futur. C’est uniquement le contexte qui crée la notion de futurisme. Quand on sera dans le présent et dans les étapes du passé, il n’y aura pas de technologies du futur transportées à travers le temps. Quand il est dans une époque, il y est avec ce dont il peut disposer, disponible à cette époque.

C’est vous, Éric Stalner, qui assurer les dessins des quatre premiers tomes...
ES : Je fais les quatre premiers tomes au niveau dessin, le co-scénario des treize. Les couvertures de la série sont l’œuvre d’un seul dessinateur, Juanjo Guarnido pour avoir une cohérence. Et il fera le tome 13.

Aventures, thriller, histoire et anticipation ne sont-ils pas les genres qui décrivent votre série ?
ES : Il y a des cycles. Si l’on prend le cycle du présent c’est plus un thriller, avec un mélange d’espionnage et une part d’anticipation. De même, ce qui se déroule dans le passé relève plus de l’aventure. Chaque cycle appartient à un domaine..
PB : Ça démarre dans le futur avec, effectivement, un goût de science-fiction, mais ce n’est pas que cela. On a essayé d’éviter l’amalgame.

Ce choix des périodes du passé, l’avez-vous fait par goût ?
ES : Pas du tout ! On s’est beaucoup posé la question. Comme dès le départ, on a eu envie de le faire avec d’autres dessinateurs, on a demandé aux copains pour participer et on leur a demandé aussi ce qu’ils avaient envie de dessiner. On voulait que ce soit une histoire de plaisir et qu’ils aient envie de dessiner quelque chose qui leur plaise. Lucien Rollin aime bien le Moyen-âge, Éric Liberge était tenté par l’Antiquité gallo-romaine, Éric Lambert voulait faire les Mousquetaires et Louis XIII, et Siro avait envie, vraiment, de traiter Paris sous l’occupation. Ainsi, ils avaient chacun un domaine, une époque qu’ils avaient choisie.

PB : Nous, on avait quatre trames de récits qu’on pouvait adapter à n’importe quelle époque. Ce qui était important, c’était l’enchaînement des quatre trames. Mais elles pouvaient se dérouler à une époque ou à une autre, ce n’était pas gênant.
ES : Il n’y avait pas, non plus, d’obligation d’époque. Le futur est primordial, le présent est très important. Il fallait absolument aujourd’hui. Mais, pour les périodes du passé, quelles se déroulent en 1650 ou 1712… Il y a des éléments que l’on peut adapter. Par exemple, l’histoire qui va se raconter sous l’Antiquité avait été écrite, au départ, pour des duellistes, dans l’esprit du film Les Duellistes, des Trois Mousquetaires ou autres. Finalement, cette histoire s’adapte très bien à des gladiateurs dans les arènes. On n’a pas eu de problème pour bouger l’histoire.


À suivre...

interview © Serge Perraud / Fantasy.fr
visuels © Stalner - Boisserie - Guarnido - Bourgne / Glénat - Rêves de Bulles

dimanche 16 novembre 2008

Entretien Metro - 2007

Interview d'Éric Stalner parue dans Metro en avril 2007 lors de la sortie de Voyageur T1 Futur 1
Propos recueillis par Olivier Aubrée et publiés dans Metro le 01.04.2007

« Nous sommes de grands gosses »

Éric Stalner est décontracté. Son crayon trône sur une planche quasi achevée (déjà la n°36 du prochain tome de Voyageur). Deux mines satisfaites du travail accompli. Éric Stalner est cruel : « Avec Pierre Boisserie (coscénariste, ndlr), on a récemment décidé de faire arracher le bras d'un personnage. » Éric Stalner est surtout « super excité » par cette nouvelle saga en treize tomes dont le premier est paru le 28 mars et dont le dernier est programmé en 2011. Un voyage à rebours dans le temps, à la croisée des genres (science-fiction, thriller, épopée historique) et au suspense prometteur.

Comment est née l'idée de ce mystérieux voyageur qui remonte le temps en vieillissant ?
Pierre Boisserie avait envie de suivre un héros ayant pour mission de préserver le déroulement du passé pour ne pas provoquer le chaos dans le présent. Face à lui : un autre personnage qui veut, au contraire, modifier le temps. Le concept a déjà fait l'objet de beaucoup de films (Terminator, Retour vers le futur, L'Effet papillon...), mais on a imaginé un maximum d'impossibilités pour aller jusqu'au bout de cette logique : si on sauvait le Titanic ? si on assassinait Hitler ? si on tombait amoureux de sa grand-mère ? Le monde actuel en serait chamboulé, et le héros s'y oppose.

Quel sera le « moyen de transport » entre les différentes époques ?
On ne voulait surtout pas utiliser de machine, comme dans la science-fiction classique. Des gènes quantiques (une extrapolation scientifique, bien sûr) permettront au héros de changer de siècle en suivant les empreintes qu'il a laissées dans le passé (photos, statues, tableaux...). En revanche, il y a une unité de lieu : Paris, des arènes de Lutèce au "Granparis" high-tech des années 2080, en passant par la construction de Notre-Dame et l'Occupation allemande.

Au total, vous serez huit à vous partager la réalisation des treize épisodes. Comment peut-on préserver la cohérence d'un projet avec autant de participants ?
Pour le scénario, Pierre Boisserie et moi-même sommes complices depuis longtemps (collaboration sur La Croix de Cazenac, entre autres). Entre nous, c'est une partie de ping-pong permanente. On est des grands gosses : comme deux frères qui dorment dans des lits jumeaux et qui se racontent des histoires dans le noir, on multiplie les « et si... » et on ne conserve une idée que si elle nous plaît à tous les deux. Trois ans se seront écoulés entre la naissance du projet et la parution du premier album.

Et pour le dessin ?
Nous connaissons très bien tous les dessinateurs qui interviennent. On fonctionne comme une bande de copains. Les changements d'époque et d'âge des personnages permettent à chacun de s'exprimer, pourvu que le scénario et les caractéristiques du héros (yeux vairons, cheveux blancs, cicatrice en V sur le front) soient respectées.

Y a-t-il un message qui sous-tend Voyageur ou bien est-ce une épopée purement ludique ?
Il y a quelques réflexions sur la façon inquiétante dont notre société gère ses ressources et donc l'avenir (gaspillage d'énergies, réchauffement climatique...), mais il n'y a pas de grand message, et surtout pas de leçon de morale. La notion de plaisir prime. Notre plaisir de créer une grande saga de toutes pièces (un vrai casse-tête pour que tout colle dans cette histoire complexe !) et de la dessiner en s'amusant vraiment. Mais aussi le plaisir du lecteur, qu'on veut surprendre, voire manipuler en le faisant entrer dans des jeux de miroir incessants : des personnages se retrouveront face à eux-mêmes sans le savoir ; de lointains ancêtres vont rencontrer leurs descendants ; je ferai aussi un clin d'œil à un vieil ami qui m'est cher, Fabien M.

L'action, le suspense, c'est votre marque de fabrique ?
Justement, à l'avenir, j'aimerais faire plus de psychologie. J'espère relever ce défi. Je n'en dirai pas plus…

interview © Olivier Aubrée / Metro

mercredi 12 novembre 2008

Entretien Actuabd.com - 2007

Interview d'Éric Stalner parue sur Actuabd.com lors de la sortie de Voyageur T1 Futur 1
Propos recueillis par Laurent Boileau
Entretien publié sur
Actuabd.com le 31.03.2007

« Plus le temps passe, plus j’ai envie de faire des albums »

Les éditions Glénat misent beaucoup sur Voyageur, une ambitieuse saga, dont le premier tome vient de paraître. Éric Stalner, coscénariste et dessinateur du premier cycle, a du pain sur la planche : outre les deux premiers tomes de Voyageur, il publie cette année le tome 2 de La Liste 66, le tome 9 de La Croix de Cazenac et une nouvelle série, Flor de Luna !

Vous publiez cinq albums cette année. Vous êtes boulimique ?
Mon grand défaut, c’est que je suis gourmand. J’aime la vie. J’ai besoin d’aller de l’avant, d’avoir plein de projets. Parfois, il m’arrive d’avoir peur de cette fuite en avant. Je dessine 10 heures par jour et 6 jours sur 7. Pas pour des raisons économiques mais parce que j’aime vraiment dessiner. J’adore mon métier et plus le temps passe, plus j’ai envie de faire des albums. Si la qualité du dessin en pâtit, il faut que les lecteurs et les éditeurs me le disent. Je dessine vite, le découpage vient naturellement. C’est une qualité mais aussi un défaut car je peux me satisfaire d’un dessin qui mériterait plus de travail. Je me gendarme et j’essaie de faire attention !

Scénariste, co-scénariste, dessinateur, vous aimez alterner les fonctions ?
J’aime bien les nouvelles expériences. Par exemple, pour Flor de Luna, je coscénarise avec Pierre Boisserie ; je fais ensuite le découpage et seulement le crayonné. C’est Éric Lambert qui finira le dessin. Ce n’est pas une volonté d’aller plus vite, c’est parce que j’aime le travail en équipe. D’ailleurs, ce n’est pas nouveau pour moi, je le faisais déjà avec mon frère, il y a quelques années. Sur le prochain La Croix de Cazenac, Siro encrera et finira le dessin. Mon dessin encré par Lambert n’est pas le même que celui encré par Siro. C’est, à la fois, moi et pas moi ! Mais attention, Siro et Lambert sont de véritables dessinateurs. Ce ne sont pas des exécutants techniques.

Pourquoi vous impliquer de plus en plus dans les scénarios ?
Je ne peux plus être seulement dessinateur. J’ai besoin de m’investir dans le scénario. Je ne fais bien que ce que j’aime. Et si on entrave ma liberté, je n’arrive pas à dessiner. Pour raconter une histoire, je ressens le besoin d’être associé à l’origine des personnages, de les sentir et de les faire vivre. En revanche, pour les dialogues, je laisse faire Pierre Boisserie. Sur Voyageur, il rajoute les dialogues sur mes dessins.

Ce qui veut dire que le dessin existe derrière les bulles ?
Tout à fait. Je connais ce que les personnages vont dire mais je ne connais pas les mots exacts qu’ils vont employer. Lors du découpage, je connais les sentiments qu’éprouvent les personnages et donc je sais si le visage doit être interrogatif, effrayé ou souriant. Pierre pose les bulles à l’ordinateur et affine son texte en fonction du dessin. Le texte peut être explicatif mais il permet aussi de rythmer la lecture et d’obliger le lecteur à s’arrêter sur telle ou telle case.

Treize albums en 4 ans, Le Voyageur est une grande aventure… avec plusieurs dessinateurs…
Dessiner la série en dix ans m’aurait lassé. En plus, l’histoire avec trois cycles (futur, présent, passé) se prêtait parfaitement à ce que plusieurs dessinateurs interviennent. Voyageur a quelques signes distinctifs (cicatrice, cheveux blancs, yeux vairons) qui permettront de l’identifier quel que soit le dessinateur. Pour le lecteur, la publication rapide est un bonheur. Et l’éditeur ne peut que s’y retrouver. C’est aussi un moyen de proposer une alternative au rythme rapide de publication des mangas…

L’expérience de Glénat sur ce type de saga est un atout ?
C’est rassurant, enthousiasmant mais aussi exigeant parce qu’il faut être à la hauteur de leur "investissement". À l’origine, Pierre Boisserie en a parlé à Didier Convard qui a été tout de suite très motivé et il a su entraîner toute l’équipe Glénat avec lui : l’éditorial, les forces de vente, le marketing…

Pour un dessinateur, n’est-ce pas frustrant de ne pas dessiner la couverture de son album ?
Oh que si ! Mais c’est très bon pour l’humilité ! Les couvertures de Juanjo Guarnido donneront une unité à l’ensemble, comme l’avait fait Juillard pour Le Triangle Secret. Juanjo s’est tellement impliqué qu’il a demandé à dessiner un album. Il fera donc le dernier tome que je devais initialement dessiner moi-même.

interview & photo © Laurent Boileau / Actuabd.com
Remerciements à Laurent Boileau pour son aimable autorisation de reproduction

dimanche 9 novembre 2008

Entretien vidéo L'Hebdo BD - 2007

Interview vidéo d'Éric Stalner pour l'émission L'Hebdo BD, un rendez-vous proposé par le journal suisse Le Matin. Entretien mené par Jean-Marc Lucas et réalisé à Toulouse en 2007 lors de la sortie de Voyageur T1 Futur 1.

© Hebdo BD / Le Matin

samedi 8 novembre 2008

Entretien vidéo Bedeo.fr - 2008

Éric Stalner : « Ma faim de dessin »

Voici un court entretien vidéo avec Éric Stalner, enregistré par l'équipe de Bedeo.fr durant le Festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême, proposé le 25 janvier 2008 sur le site du Monde...
L'auteur, qui s'y définit comme « un grand ours timide », y parle de Voyageur, du Roman de Malemort, de sa boulimie de dessiner, et précise « Je ne sais pas si ce que je fais est bien, mais j'aime bien le faire ».

Eric Stalner : "Ma faim de dessin"
LEMONDE.FR | 25.01.08

© Le Monde.fr

vendredi 7 novembre 2008

Entretien Auracan.com (5/5) Du dessin et du style - 2008

« Avec le scénario, un album me demande environ quatre mois de travail. »
Propos recueillis par Manuel F. Picaud en août 2008

Côté dessin, êtes-vous vraiment autodidacte ?
Oui, j’ai juste pris des cours de nu pour la préparation du concours des Beaux-Arts. Ça m’a manqué de ne pas faire une école parce que j’aurais gagné du temps. J’ai appris autrement. Je n’aime pas forcément ce que je fais, mais j’aime l’acte de création, l’émotion qu’elle dégage, le plaisir qu’elle me donne. Et parfois ça peut toucher au sacré. Quand je dessine un arbre, je deviens l’arbre. Je touche aux fondements de l’univers. Après, tant mieux si le résultat est beau, mais là n’est pas l’essentiel.

En vous regardant dessiner, on dirait presque que vous recopiez ce que vous imaginez…
C’est un peu cela. J’ai un peu de mémoire visuelle de ce que je dessine. Mais en même temps, ce que voit le cerveau, la main ne le reproduit pas toujours aussi bien qu’on le voudrait ! J’ignore si les autres dessinateurs fonctionnent comme cela, mais je vois le résultat possible de mon dessin. En dédicace, je mime parfois ce que je pourrais faire et je dis aux lecteurs que je pourrais faire ceci ou cela et dans ma tête je vois ce que c’est, mais eux ne voient évidemment rien – c’est un peu drôle mais moi je le vois effectivement.

Est-ce pour cela que vous faites peu de travaux préparatoires ?
Je n’arrive pas à faire comme certains. J’ai vu les travaux préparatoires de Ted Benoît quand il a repris Blake et Mortimer. Quand il dessinait une pièce, il préparait d’abord le plan de la pièce avec la position de chaque objet. Fou ! Moi, je triche complètement. Je vois bien dans les films : ils font fabriquer des chaises plus petites ou plus grandes pour travailler des effets visuels à la caméra. Il faut tricher tout le temps. En dessin, c’est facile de changer la taille des objets ou de faire de faux éclairages.

Votre style a récemment évolué avec le T3 de La Liste 66 et le T4 de Voyageur : vous avez abandonner l’encrage…
Oui, je me plais à fonctionner comme cela. J’ai toujours des craintes, mais j’aime bien effectivement ce style plus naturel, moins figé. Je n’ai pas fait un changement révolutionnaire, surtout en cours de série. Je travaille avec un crayon noir : ça fait donc des noirs assez noirs. Mais le dessin est plus dynamique. Cela a renouvelé mon plaisir sur La Liste 66 qui m’ennuie à dessiner car cela est trop contemporain. Je préfère dessiner des ruines, de vieilles maisons et la nature. Dans le T3 de La Liste 66, j’ai trouvé cette inondation fort judicieuse. Et heureusement qu’il y a aussi les vieilles voitures…

Sur La Croix de Cazenac et Flor de Luna, vous avez choisi d’ailleurs de partager le dessin avec Siro et Éric Lambert. Comment le vivent-ils ?
J’ai l’impression que cela se passe bien. Je sais que c’est un peu des vacances pour Stéphane [Siro, ndlr]. Il encre, il s’amuse ! J’ai une grande préférence pour le découpage et le dessin au crayon par rapport à l’encrage. Je n’ai aucune patience avec une plume et avec de l’encre, mais je l’ai avec le crayon. Je suis capable de faire des choses beaucoup plus compliquées au crayon en faisant vraiment attention, tandis qu’à l’encrage, ça m’ennuie tout de suite. Au crayon, je peux gommer, ciseler. C’est comme si j’avais de la terre glaise que je peux modeler et remodeler.

Vous avez aussi le don de découper rapidement vos planches…
Certains vivent très difficilement la mise en page. Mon découpage n’est pas génialissime, mais il vient vite et se tient à peu près. Mon dessin est assez classique, mon découpage ne l'est pas toujours. Je n’hésite pas à réaliser des cases de tailles différentes, à bouger la mise en scène et tout cela, je le fais effectivement vite. Je suis un peu contradictoire. D’un côté, je sais que c’est mon rythme. De l’autre, j’ai l’impression d’aller trop vite, de céder à la facilité de mon propre élan.

Vous êtes considéré en général comme un dessinateur plutôt rapide. Combien de planches réalisez-vous en moyenne par mois ?
J’ai un peu baissé de rythme, mais je tiens à peu près 15 planches par mois. Donc, avec le scénario, un album me demande environ quatre mois de travail.

visuels :
La Croix de Cazenac, illustration inédite © Stalner - Boisserie / Dargaud - courtesy Galerie Daniel Maghen ; extrait de la planche 9 de La Liste 66 T1 © Stalner / Dargaud ; Flor de Luna T2, extrait de la planche 13 © Lambert - Stalner - Boisserie / Glénat
interview & photo © Manuel F. Picaud / Auracan.com

Tous droits réservés © Éric Stalner Aventures

Images © Éric Stalner, ses coauteurs et éditeurs
Rédactionnel © Brieg F. Haslé et Manuel F. Picaud /
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